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Giulia Foïs, Véronique Le Normand : 7 romans pour bien terminer l’été

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Et si vous profitiez des derniers jours de vacances et de l’été pour dévorer ces romans ? Voici ma sélection : des romans qui racontent l’histoire de sacrées nanas (des libraires, des artistes, des paléontologues ou une  guerrière mapuche), ou alors des romans cultes réédités ou en 1ère édition en français. Giulia Foïs, Véronique Le Normand… Prenez cette liste, et foncez chez le libraire du coin !

Crédit photo de couverture – Photo de Nguyen Thu Hoai sur Unsplash

Dans la famille des romans cultes réédités ou en première édition en français, je demande :

Les ensorceleuses – Tome 1 par Alice Hoffman, édition Verso

Si tu ne l’as pas encore lu. Voici le roman culte qui a lancé la mode des romans de sorcières ou ce que l’on appelle plus doctement « le réalisme magique». Paru en 1995, adapté au cinéma en 1998 avec dans les rôles principaux Nicole Kidman et Sandra Bullock, ce livre est la parfaite incarnation d’un genre qui fait désormais fureur.

Le genre : Le réalisme magique en mode gothico fantastique

La phrase qui plante le décor : « Depuis plus de 200  ans, les femmes Owens ont été accusé de tous les maux qui frappaient la ville. Que le printemps soit trop pluvieux, que les vaches aux pâturage donnent du lait teinté de sang, qu’un poulain meurt de coliques ou qu’un bébé vienne au monde avec une tache de naissance lie-de-vin sur la joue, tout le monde y voyait la main de ces femmes de Magnolia street, de prés ou de loin. »

Le pitch 

Malédiction ou rumeur ?  Depuis plus de deux siècles, les femmes de la famille Owens  sont plus ou moins exclues de la communauté. Dans cette famille de « sorcière » tout homme qui tombe amoureux d’une femme Owens est condamné à mort.  Et c’est pas faux.  La preuve ! La vie de Sally et Gillian bascule à la mort accidentelle de leur parent. Les deux sœurs sont envoyées illico presto dans la sinistre et mystérieuse maison de deux tantes excentriques et retirées du monde. Montrées du doigt à l’école, accusées de tous les maux de la terre, les deux sœurs finissent par s’enfuir chacune de leur côté pour se trouver des années plus tard avec un cadavre sur les bras. Quid de la malédiction ?

Les thèmes abordés 

  • La magie
  • Les malédictions familiales
  • La sororité
  • Une maison traitée comme un personnage
  • La nature et ses pouvoirs magiques

Ce que l’on a aimé 

Tout ou presque, l’ambiance, les personnages, les montagnes russes émotionnelles vécues par les deux sœurs Owens et leurs filles et nièces, la nature qui se venge ou joue les lanceuses d’alerte, les maisons comme refuge ou lieu magique. Cerise sur le gâteau ! Le tome 2 et la suite du film sort en librairie et en salle au mois de septembre. On a hâte.

Les ensorceleuses, tome 1, Série Pratical Magic, Alice Hoffman, 336 pages, 19,90€, Verso et  Le grimoire des ensorceleuses, tome 2, Alice Hoffman, 544 pages, 21,90€ Verso sortie le 4 septembre.

Les frères Holt par Marcia Davenport, Folio

Ce roman paru en 1954 raconte un fait divers qui a marqué l’Amérique dans les années 1940. De quoi s’agit-il ? La découverte des corps, ensevelis dans les décombres et détritus, des deux frères Holt membres de la haute société new-yorkaise et reclus depuis des années. A découvrir ou redécouvrir dans cette nouvelle édition en poche.

Le genre : Le roman autour d’un fait divers

La phrase qui plante le décor : «Jamais je n’ai rencontré les frères Holt, et pourtant, quelques semaines à peine après leur mort, j’avais l’étrange impression que personne ne les avait connu mieux que moi. Je n’ai jamais vu Seymour Holt, et ce que j’ai pu entrevoir de Randall était le spectacle le plus effroyable dont un homme puisse de sa vie entière, être témoin. »

Le pitch 

Ce roman s’ouvre sur une énigme. Dans un quartier autrefois élégant de New-York, d’une maison aux fenêtres aveugles s’épanche une odeur nauséabonde qui attire l’attention. A l’intérieur, les voisins et la police découvre les corps de Seymour et Randal Holt, deux frères issus de la bonne bourgeoisie new-yorkaise. Ils sont retrouvés morts dans un manoir en ruine, encombré du sol au plafond par les objets et les détritus. Comment des hommes aussi talentueux, bien nés, promis à un grand avenir ont-ils pu en arriver là ? Le roman remonte le temps pour découvrir la source d’une telle déchéance.  Derrière les dorures et les bonnes manières se cachent une famille dysfonctionnelle et une grand-mère tyrannique.

Les thèmes abordés 

  • L’emprise familiale et les héritages toxiques
  • L’isolement qui conduit à la folie
  • Une fratrie destructrice
  • Une critique sociétale

Ce que l’on a aimé 

Une histoire hors norme pour un roman fascinant. On n’a pas forcement envie de se plonger dans cette histoire macabre et repoussante, et pourtant s’installe une sorte de fascination, de mystère qui vous emporte. Pourquoi ? Comment cela a-t-il pu arriver ? Et voilà, nous voilà happé dans le tourbillon de ce fait divers jusqu’à la dernière page.

Les Frères Holt, Marcia Davenport, 704 pages, 11,90€, Folio 

Les crimes de la maison bleue, série Les maisons du crime par Yukito Ayatsuji, Verso

3ème roman culte à découvrir,  Les crimes de la maison bleue est l’une des œuvres les plus connues de Yukito Ayatsuji la star du roman policier japonais.  Membre fondateur du Honkaku Mystery Writers Club of Japan, un club dédié à l’écriture de romans policiers inspirés par les grands noms de l’âge d’or du genre, ces romans ont fait fureur entre les années 1980 et 90. Paru en 1987 au Japon, il est édité pour la première fois en français.

Le genre : Roman policier

La phrase qui plante le décor : «Au risque de tomber dans un débat moisi jusqu’à la moelle, dit Ellery, jeune homme grand et mince à la peau claire et à l’allure avenante, j’estime qu’un roman policier doit rester un jeu d’intelligence, un excitant jeu de logique pure, dans lequel s’affrontent, sous une forme romanesque, le détective et le lecteur ou l’auteur et le lecteur, rien de plus, rien de moins »

Le pitch 

Au large des côtes japonaises, il y a une île. Sur cette île, il y a une maison bleue avec une structure décagonale. Cette île a été le théâtre d’un fait divers resté sans solution. La maison du propriétaire de cette île a brûlé. On y a découvert sa femme morte avant l’incendie dont la main a été coupée, le propriétaire découvert  le corps carbonisé, le couple de domestiques morts dans les flammes, attachés sur des chaises et le jardinier disparu et bien évidemment accusé du crime. Un an plus tard, un bateau accoste avec son bord des jeunes gens membres du Club des amateurs de roman policier de l’université de Kyoto. Ils sont tous bien décidés à élucider ce quadruple meurtre. Mais dès le 1er soir, l’un des membres est assassiné et d’étranges messages semblent annoncer d’autres homicides. Ca vous dit quelque chose ? Yes ! « Ils étaient dix » le chef d’œuvre d’Agatha Christie. Même structure, même principe, mais avec une touche nippone unique et un dénouement en apothéose.

Les thèmes abordés 

  • La résolution d’une énigme dans les règles de l’art du polar à l’anglaise
  • Une maison, une île traitée comme des personnages
  • La vengeance
  • L’angoisse

Ce que l’on a aimé 

Le côté remake d’un grand classique de la littérature policière anglo-saxonne. On est en terrain connu, la recette est éprouvée, presque usée jusqu’à la corde et pourtant on ne s’ennuie pas une seconde, tenu en haleine jusqu’à la dernière page pour connaître le fin mot de l’histoire.

Les  crimes de la maison bleue, série Les maisons du crime, Yukito Ayatsuji, 384 pages, 20,90€, Verso

Dans la famille des romans qui racontent l’histoire de Sacrées Nanas, je demande :


Les filles de la librairie par Giulia Foïs, Flammarion

Ce roman choral est  le premier roman de la journaliste Giulia Foïs. Premier coup de maître. Inspirée par l’histoire de la librairie niçoise Les Parleuses, une vraie librairie menacée de fermeture, l’autrice nous embarque dans ce lieu de culture, solidaire où les femmes cabossées par le destin peuvent trouver une safe place pour se reconstruire. Mais pas que ! Les  hommes y trouvent aussi leur place, pour se déconstruire, trouver un refuge quand on a quelque chose à cacher ou à se faire pardonner.

Le genre : Roman choral

La phrase qui plante le décor : «A Nice, le Soleil brille 300 jours par an. A Nice, de veilles haines grattent à la porte. A Nice, Maud et Malika tiennent une librairie »

Le pitch 

En ouvrant ce livre, tu pousses la porte de la librairie «Les Affranchies ».  Au comptoir, Maud et Malika, elles ont tout quitté, boulot, famille, mari pour vivre leur histoire amour et leur passion pour les livres. Dans cette librairie, tu vas rencontrer Rose une journaliste police justice au bord du burn out, Camille la jeune mère célibataire qui en a bavé et qui est terrifiée à l’idée de faire du mal à sa fille, Léon un étudiant gay accro à Grindr qui gère comme il peut  son homosexualité en territoire encore hostile, Leila une maman louve qui couve son petit déscolarisé parce qu’il ne parle pas, Yazid son époux paumé qui vit très mal le handicap de son fils, Mario l’adorable apollon italien veuf inconsolable et  réfugié politique clandestin depuis les années 70, Stéphane le prof de yoga déconstruit,  Yseult la copine parfaite mais malheureuse comme une pierre, Tristan le mari d’Yseult. la classe, sauf que Tristan s’appelle Christian et s’avère être une ordure déguisée en beau gosse. Le passé s’infiltre sous les portes, hante les personnages, les non-dits brisent les cœurs,  l’amour, la solidarité sauvent des vies. 

Les thèmes abordés 

  • Le petit monde d’une librairie indépendante
  • Le féminisme et la sororité
  • L’inclusion et la marginalité
  • L’amour et l’amitié comme remède

Ce que l’on a aimé 

Coup de cœur ! Vous allez adorer tous les personnages de ce roman qui tisse une grande et belle histoire avec les petits et grands chagrins de tous. Tout le monde trouve sa place, tend à la main à l’autre, survit, aime et revit en dépit des tempêtes, des imprévus, des obstacles, des connards et autres têtes à claques.  En refermant ce livre, on a qu’une envie pousser la porte des Affranchies, prendre un café avec Rose, faire un cupcake avec Camille, donner à un coup de main à Malika, blacklister Tristan, se confier à Paolo. Une réussite !

Les Filles de la librairie, Giulia Foïs, 320 pages, 20€, Flammarion

De tourbe et d’os par Anna North, Phébus

Entre enquête policière, roman historique et manifeste écologique, ce polar mêlant médicine légale, archéologie, anthropologie et lutte écolo, ce cocktail idéal produit le parfait roman de l’été.

Le genre : Roman policier archéologique

La phrase qui plante le décor : «Une colonie de mousse ne parle pas ni ne pense au travers du langage. Mais si une telle colonie pouvait raconter l’histoire de sa vie, elle dirait ceci : autrefois, nous prospérions. (…) Nous avons eu tout le temps d’observer les humains et leur comportement, et nous savons qu’ils ont trouvé quelque chose dans notre chair, quelque chose d’inattendu, qu’ils ne comprennent pas. Nous savons bien sûr, à qui est la tête qu’ils ont extraite si doucement de la boue, retirant d’une brosse nos vrilles, encore attachées aux tempes. A qui sont ses épaules, ces mains fines si bien préservées »

Le pitch 

L’histoire commence  dans le nord de l’Angleterre, près de la ville de Ludlow. Une tourbière menacée de disparition par un immense chantier immobilier livre un corps exceptionnellement bien conservé Agnès une américaine spécialisée en médecine légale, plus à l’aise avec les morts que les vivants est chargée d’identifier le corps. Elle découvre des indices troublants, des tatouages, des marques rituelles sur la peau, des vêtements n’appartenant à aucune époque récente. Mais qui est cette jeune femme ? L’autrice nous ramène  2000 ans en arrière dans la même région au côté d’une jeune druidesse en route pour une audience avec un chef romain. Naviguant entre deux récits qui traversent le temps, on suit le parcours de deux femmes savantes et passionnées en butte avec les travers de leur époque.

Les thèmes abordés 

  • La condition des femmes à travers les âges
  • Le temps, la mémoire
  • L’urgence écologique
  • La nature comme personnage
  • La médecine légale et ses méandres

Ce que l’on a aimé 

Le va et vient entre les époques, les destins croisés à plusieurs milliers d’année de distance. La difficulté d’être une femme dans un milieu où il faut se battre pour obtenir le respect et la reconnaissance.  Cette histoire nous tiens en haleine sur fond d’urgence écologique et de sagesse ancienne.

De tourbe et d’os, Anna North, 272 pages, 23€, Edition Phébus


Femme oiseau étoile, le roman d’Hilma, Véronique Le Normand, Actes Sud

Du 6 mai au 30 août, le Grand Palais accueille une rétrospective de l’œuvre d’Hilma af Klint, immense artiste suédoise  reconnue aujourd’hui comme l’une des premières artistes abstraites avant les œuvres de Kandinsky ou Mondrian. Véronique Le Normand donne sa voix à l’artiste dans un magnifique roman biographique.

Le genre : Roman biographique

La phrase qui plante le décor : « Une œuvre c’est un nom logé entre deux dates, la naissance et la mort. Au XIXe siècle, être une femme artiste et vivre de son art, c’était un sacré défi, j’aurais pu me contenter d’exercer mon talent, j’ai cherché à ouvrir une voie nouvelle. Comme beaucoup de femmes de cette époque, je pensais que les détails de la vie intime enfouiraient mon travail sous un  fatras d’occupation et de préoccupations féminine qui le minimiserait, alors j’ai effacé les traces, j’ai détruis les correspondances qui témoignaient de mes états d’âmes, j’ai brûlé les brouillons »

Le pitch 

Au tournant du XIXe siècle, une femme a révolutionné l’art mais personne ne l’a su. Hilma af Klint a bâti une œuvre immense autour d’une face A classique, académique et une face B révolutionnaire, spirituelle et abstraite. Ce roman biographique écrit à la première personne, nous plonge dans la vie de l’artiste. Spirite, théosophe, elle peint ses visions, créer un groupe d’artistes femmes médium. Ensemble, avec des hauts et bas, elles créent une œuvre collective mais largement porté par Hilma. La jeune femme mène deux carrières parallèles, comprenant assez vite que son œuvre secrète et spirituelle arrive bien trop tôt pour être comprise. Elle laisse une consigne stricte : ne pas exposer ses tableaux avant 20 ans après sa mort.  Celle-ci est redécouverte au cours des années 80.

Les thèmes abordés 

  • La place des femmes dans l’art
  • L’art comme mission spirituelle et langage universel
  • Le spiritisme
  • Le temps, la postérité dans l’art

Ce que l’on a aimé 

Le style, cette voix venue du passé, cette grande artiste qui nous prend par la main,  nous fait visiter son atelier, nous partage ses états d’âmes, ses chagrins, ses joies, ses déceptions. Une lecture à la fois douce et puissante, inspirante et stimulante.

Femme oiseau étoile, le roman d’Hilma, Véronique Le Normand, 224 pages, Actes Sud,21€

Le train de l’oubli, itinéraire d’une guerrière mapuche en Patagonie par Moira Millan, Actes Sud

Un récit poignant, haletant sur la colonisation, l’expropriation, la dévastation du territoire de la nation Mapuche, raconté par Moira Millan guerrière Mapuche fondatrice et coordinatrice du Mouvement des femmes indigènes pour le « Buen Vivir ». Elles est aussi écrivaine et militante féministe décoloniale. 

Le genre : Récit historique et biographique

La phrase qui plante le décor : « Je me nomme Llankaray et je suis mapuche. Qu’est-ce que cela veut dire ? Je vous répondrai ceci : mapu signifie «terre», et «che» peuple : peuple de la terre. Mais je ne parle pas de la terre telle que tout le monde se l’imagine, non, c’est plus que ça. C’est le monde tangible et le monde perceptible, le monde qui est sous nos pieds, celui qui nous surplombe, et celui qui nous entoure. La mapu est vivante»

Le pitch 

Au début du XXème siècle, l’arrivée du train en Patagonie sonne le glas pour un tout un pan de l’histoire et de la nation Mapuche.  Ce symbole  de la modernité occidentale bouleverse les équilibres et accentue l’invasion des wingka (les non mapuches). Expropriation, violences, enlèvement,  comment survivre à l’envahisseur ? Comment très souvent dans l’histoire, les femmes organisent la résistance. Elles puisent leur force dans les traditions, les savoirs anciens, la communion avec les énergies vitales et ancestrales de la nature.

Les thèmes abordés 

  • La colonisation
  • Le féminisme autochtone
  • La résistance
  • La mémoire
  • L’écologie

Ce que l’on a aimé 

La puissance du récit,  son intensité, le côté dramatique et épique d’une histoire vraie qui s’est écrite dans le sang et les larmes, l’amour et la mémoire, la tradition et la survie. Un superbe voyage.

Le train de l’oubli, itinéraire d’une guerrière mapuche en Patagonie, Moira Millan, 480 pages, Actes Sud, 25€
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